Pourquoi la messe?

Comment « expliquer » la messe aux enfants? Peut-être en essayant de leur dire ce que l’Eucharistie nous donne à vivre. Car la messe n’est pas un exercice de compréhension, mais une expérience de communion… à partager à tout âge.

Tout commence par un déplacement. L’Église me convoque!

Sortir de chez soi, sortir de soi, c’est déjà la messe qui commence. Et c’est déjà un témoignage : « Qu’est-ce que tu fais dimanche? » - « Je vais à la messe! » Dieu existe, je vais le rencontrer. La messe est un rendez-vous. On peut manquer une réunion, sauter un repas, se dispenser d’une corvée. Je ne peux pas rater un rendez-vous, personne n’ira à ma place.

J’arrive à l’église et je réalise que je ne suis pas seul.

La messe est aussi le rendez-vous avec des frères et des sœurs. Selon la formule du père de Lubac, l’Église fait l’Eucharistie et l’Eucharistie fait l’Église. Le rassemblement de la communauté (on ne reste pas chacun dans son coin), avec le chant d’entrée la procession des célébrants et des servants, donne voix et donne forme de « Peuple de Dieu » aux gens qui sont là. Et puisqu’ils viennent rencontrer Dieu, ils commencent par dire qu’ils n’en sont pas dignes (Kyrie eleison), mais qu’ils en sont heureux (Gloria).

Un grand silence s’il vous plaît! Dieu va parler

Cette Parole est la première nourriture qui est donnée; à chaque messe, elle a un goût différent; c’est un pain consistant, parfois délicieux, parfois dur à avaler. C’est le Verbe de Dieu, Évangile de lumière et de vie, que tous peuvent manger, même ceux qui n’ont pas fait leur première communion, même ceux qui ne sont pas baptisés. Cette Parole appelle une réponse : c’est la profession de foi (Credo). Elle doit transformer le monde : c’est la « prière universelle » des fidèles.

J’espère que tu n’es pas venu les mains dans les poches et le cœur vide?

Jésus a besoin de quelque chose pour la suite : du pain et du vin, le fruit de la terre et du travail des hommes. Il a besoin de toi. C’est la présentation des offrandes, qui sont la matière première du sacrement.

Élevons notre cœur! Nous voici au centre et au sommet de la messe.

Paradoxalement, c’est souvent le moment où l’attention se relâche, parce que le prêtre parle tout seul et que la prière eucharistique est longue. Or c’est le chant d’amour du Christ pour son Père et pour le monde, qui devient le chant d’amour de l’Église. Il monte d’abord en louange de la terre vers le Ciel, il redescend ensuite en bénédiction du Ciel vers la terre. Au milieu, le geste de Jésus, qui aime à en mourir : « Voici mon corps, voici mon sang! » On appelle ce moment la « consécration », car le pain et le vin ne font pas semblant d’être le corps et le sang de Jésus, ils le sont pour vrai. À la fin, l’élévation : « Par lui, avec lui, en lui », tout se met en mouvement vers l’éternelle joie de Dieu. Il n’y a plus qu’à communier, c’est-à-dire à recevoir au-dedans de nous le Mystère que nous venons de voir, d’entendre, de revivre.

Mais attention! On ne peut pas communier seulement du bout des lèvres.

Communier du fond du cœur, c’est communier à l’amour de Jésus. Est-ce que tu aimes Dieu comme Lui? Alors disons en semble le Notre-Père. Est-ce que tu aimes tes frères comme Lui? Alors disons ensemble « Donne-nous la paix ». On voit que la communion spirituelle précède la communion sacramentelle et la prolonge (c’est le silence d’adoration et d’action de grâce après la communion). Ce qui est beau, c’est que ceux qui ne communient pas extérieurement peuvent communier au moins intérieurement.

Pour être complet, il ne faut pas oublier la fin. « Allez, dans la paix du Christ » ; ce n’est pas une simple formule de politesse ou de congé. C’est un envoi en mission. Participer à la messe, c’est vivre toute la journée ou toute la semaine avec le Christ. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement! »